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Mai

[JOURNAL ARTICLE] Bertoncini Y. et Chopin T., “La « FrancEurope » 70 ans après la déclaration Schuman : projet commun ou projection nationale ? (I)”, Le Grand Continent, 2020

Le coronavirus confronte les Français et les Européens aux impératifs d’une délicate gestion de crise parfois conduite au jour le jour, et qui ne permettra guère d’accorder l’attention nécessaire à la commémoration de la «  déclaration Schuman  », qui a pourtant permis à notre pays de lancer la construction européenne il y a 70 ans. Il convient pourtant de saisir cet anniversaire du 9 mai 2020, qui restera une «  journée de l’Europe  » très particulière, afin de mettre en perspective les relations entre la France et l’Union européenne, à l’heure où la crise sanitaire en cours est devenue une crise économique mais aussi politique, qui suscite de vifs débats entre responsables nationaux et communautaires et au sein des opinions publiques. 

Cette mise en perspective nous semble d’autant plus salutaire trois ans après la nette victoire électorale d’un Président affichant son «  europhilie  » sur fond d’« hymne à la joie  » aux dépens d’une candidate ayant depuis renié son «  europhobie  », fût-ce de manière purement tactique. Elle apparaît utile à l’heure où les difficultés auxquelles est confronté Emmanuel Macron dans son entreprise de «  refondation  » de la construction européenne suscitent un malaise politique croissant dans notre pays1. Elle est indispensable, alors que le «  non  » Français du 29 mai 2005 ne sera peut-être pas davantage commémoré, bien qu’il ait révélé des fractures politiques encore vivaces, y compris chez ceux dont le «  non  » se voulait porteur de «  plus d’Europe  ». Aujourd’hui comme en 20052, tous ces éléments contradictoires font écho à la relation paradoxale établie entre la France et la construction européenne, dont notre pays a été jusqu’alors à la fois un moteur et un frein. 

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