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[JOURNAL ARTICLE] Bertoncini Y. et Chopin T., “La « FrancEurope » 70 ans après la déclaration Schuman : projet commun ou projection nationale ? (II)”, Le Grand Continent, 9 mai 2020

2ème partie  : La construction européenne, miroir déformant pour la France : le malaise culturel hexagonal vis-à-vis de «  l’Europe  »

Si la construction européenne n’est pas toujours un outil absolument conforme aux objectifs diplomatiques de la France1, elle apparaît aussi comme une réalité économique et politique souvent dérangeante dans notre pays, dont elle fait ressortir les spécificités, pour le meilleur et pour le pire. Notre logique nationale de projection ne donne en effet pas seulement lieu à des résultats plus ou moins satisfaisants  : elle nous confronte à une «  créature politique  » qui nous échappe pour partie, et qui révèle à ce titre des traits culturels spécifiques.

Si ces spécificités françaises s’inscrivent dans la longue durée comme dans l’histoire des dernières décennies de la «  construction européenne  »2, elles découlent aussi d’éléments plus factuels3. On mentionnera ci-après les principales spécificités qui nous semblent nourrir le malaise français vis-à-vis de «  l’Europe  », et qui font pour l’essentiel écho à la prééminence de l’État dans notre culture politique  : une culture politique et institutionnelle unitaire en déphasage avec l’univers pluraliste de l’UE (1)  ; une vision négative du libéralisme économique, difficilement compatible avec l’Europe marchande (2) et l’ordo-libéralisme communautaire (3)  ; enfin un volontarisme politique visant à la recherche permanente de compensations vis-à-vis de la construction économique européenne, sans valoriser ses fondements et ses bénéfices (4).

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